The Surrealists

Back in 2002, I met a friend who introduced me to works of the Surrealist writers. I remember late nights of sitting in her living room, drinking red wine and watching the weird films of Luis Buneul and Salvador Dali or reading George Bataille, Andre Breton, or the poems of Robert Desnos.

I was recently reminded of one of Desnos’ poems when I was watching a documentary.  The more I think about it, I realize that is very “tango”. Here it is: 

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance 
De la voix qui m’est chère?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués 
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.

Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps
Sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie

Et de l’amour et toi, la seule
qui compte aujourd’hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu’il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu’a être fantôme

Parmi les fantômes et plus ombre 
Cent fois que l’ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

– Robert Desnos

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